Dossier Prévention du suicide

Depuis 2015, les personnes en fin de vie souffrant d’une maladie incurable ont accès à l’aide médicale à mourir. On reconnait que ce droit est lié à la dignité de la personne dont la condition physique est dégénérative et sans espoir. Notre société s’est ainsi positionnée quant à la mort assistée pour abréger la souffrance. Qu’en est-il de notre perception des personnes aux prises avec des pensées suicidaires? Collectivement, nous croyons que le suicide est une solution drastique et permanente à des problèmes temporaires.

Parlons donc d’espoir. Essayons aussi de comprendre. Comment pouvons-nous intervenir? Avant de poser un geste suicidaire, une personne essaiera souvent de prendre tous les moyens qu’elle connaît pour diminuer sa souffrance et régler ses difficultés. Malheureusement, quand ces moyens ne fonctionnent pas, l’idée du suicide commence à prendre place. La personne n’entrevoit plus de façon d’arrêter la souffrance et celle-ci devient intolérable.

Le processus suicidaire

Le processus suicidaire est défini en 6 étapes :

La détresse

  • La personne vit une situation problématique et elle envisage un certain nombre de solutions afin de rétablir son équilibre.

Le flash

  • La personne est émotionnellement troublée et cherche une solution instantanée. C’est alors qu’apparaissent des fantasmes de mort dont elle ne serait pas vraiment l’auteure.

L’idéation

  • Au début, elle se manifeste surtout par des fantasmes de suicide pour finalement prendre de plus en plus d’importance. À ce stade, la personne a souvent peur de ses idées suicidaires (peur de perdre le contrôle).

La rumination

  • Les solutions envisagées, au début, sont pratiquement épuisées et celles qui restent (les idées suicidaires notamment) prennent de plus en plus d’importance. La personne réfléchit sérieusement sur la planification de son suicide.

La cristallisation

  • Devant l’absence de solution, l’anxiété augmente dramatiquement et la situation devient insupportable. La personne est prête à n’importe quoi pour arrêter de souffrir et le suicide est vu comme la seule porte de sortie. La personne a complété sa planification (comment, où et quand).

Passage à l’acte

  • Toutes les pensées de la personne sont centrées sur le suicide et la personne met en application son plan suicidaire, si elle n’a pas reçu d’aide.

Source : (AQPS)

Il est important de se rappeler que peu importe l’étape où elle est rendue, il est possible d’intervenir pour permettre à la personne de reculer dans le processus et d’aller mieux.

Les signes et messages

Certains messages sont sans équivoque. La plupart des signes pris individuellement semblent souvent peu alarmants, mais il importe de les prendre au sérieux et de rester vigilant. Voici des exemples de signes ou messages de détresse envoyés par la personne suicidaire à son entourage. Ils sont regroupés en 5 catégories (AQPS) :

Messages verbaux directs ou indirects

  • Je veux me suicider, vous seriez bien mieux sans moi.

Signes comportementaux

  • Dons d’objets significatifs, mise en ordre de ses affaires, lettre de testament, changements au plan de l’hygiène personnelle.

Signes émotionnels

  • Pleur, triste, agressivité, anxiété, absence d’émotion.

Signes cognitifs

  • Absence de motivation, indécision, baisse de l’estime de soi.

Symptômes de dépression

  • Humeur dépressive, diminution de l’intérêt et du plaisir, perte ou gain de poids, insomnie, fatigue, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité.

Source : (AQPS)

Attention aux signes trompeurs, une soudaine amélioration de l’humeur ne veut pas dire que la personne suicidaire va mieux, mais peut signifier qu’elle a planifié son geste et qu’elle se sent apaisée d’avoir pris la décision de passer à l’acte.

Gérer et évaluer une crise suicidaire

Lorsque confronté à une personne qui a des idées suicidaires, comment réagir?
Une des premières questions à poser pour déterminer s’il y a probabilité d’un geste suicidaire est de lui demander directement : « Avez-vous des idées suicidaires? Pensez-vous au suicide? » La croyance selon laquelle poser la question peut pousser la personne à le faire ou du moins à avoir des idées suicidaires est fausse. Si la personne a des idées suicidaires, elle est déjà dans un processus ou dans un plan suicidaire. En abordant la question du suicide directement, on lui offre la possibilité de pouvoir en parler ouvertement et d’exprimer ses idéations suicidaires. Un des objectifs est de déterminer si la personne est préoccupée par des pensées suicidaires tenaces ou bien s’il s’agit d’une pensée passagère qui occupe peu de place dans son quotidien.

Lorsque nous déterminons qu’une personne a des idées pouvant mener au suicide, il est important d’obtenir certains détails sur la manière dont elle envisage de le faire. Il faut retenir trois lettres : C.O.Q., Comment, Où, Quand? Ces questions indiquent jusqu’à quel point les projets de la personne sont avancés et peuvent donner une indication de son échéancier pour une tentative de suicide.

Comment évaluer l’échéancier:

  • Comment – indice d’une idéation suicidaire, elle sait comment le faire. – À ce stade, il est important d’écouter la personne et on peut la référer à des ressources compétentes.
  • – elle sait à quel endroit – indice important. – À ce stade, il devient important de suggérer des références à la personne.
  • Quand – à ce moment il a urgence, son plan suicidaire est fait. – Lorsque la personne s’est donné un échéancier, il est important de contacter des intervenants spécialisés : 911, 1-866-appelle, info suicide.

En plus des indicateurs, il faut aussi se fier à notre intuition lors du déroulement d’une conversation avec une personne avec des idées suicidaires. À tout moment, nous pouvons demander de l’aide pour la personne ou la référer vers des ressources compétentes. Lorsqu’une situation est à risque pour votre interlocuteur ou pour vous-même, il est important de demander de l’aide.

Interventions auprès des personnes suicidaires

Une personne ayant exprimé sa détresse et l’envie d’en finir ou qui a survécu à une tentative de suicide doit être hospitalisée ou recevoir une consultation médicale afin d’évaluer son état physique et psychologique.

Malgré toute l’aide que nous pouvons offrir, certains individus cumuleront les tentatives de suicide. Il est malheureusement possible qu’un jour une tentative soit fatale, mais il est également possible que ces personnes puissent réussir à éloigner les idées suicidaires et poursuivent une vie normale au bout d’un moment.

Pour venir en aide aux personnes suicidaires, il existe plusieurs psychothérapies. Deux d’entre elles sont particulièrement utilisées par les intervenants :

Les thérapies cognitives-comportementales

  • Les thérapies dont l’objectif principal est de modifier les cognitions, les comportements et les stratégies de résolution de problèmes des personnes se regroupent sous le terme large de thérapies cognitives-comportementales dont les principes sont la redéfinition du problème en différentes entités plus facilement solubles;
  • le façonnage progressif avec renforcement positif des comportements;
  • le maintien de l’action thérapeutique dans « l’ici et le maintenant »;

Les thérapies dialectiques-comportementales

  • Ce type de psychothérapie appartient à la famille des thérapies cognitives comportementales. Elle s’applique particulièrement aux personnes ayant des traits de personnalité « borderline » à l’abus de substances et aux comportements suicidaires. On présuppose un dérèglement émotionnel chez ces personnes qui résulterait de la rencontre entre une prédisposition à mal gérer ses émotions et un environnement qui intensifie cette vulnérabilité. Dans un tel contexte, les comportements suicidaires pourraient avoir pour fonction le contrôle des émotions chez cette personne et la recherche d’aide dans un environnement déficient.
  • La thérapie dialectique-comportementale est basée sur un processus rationnel qui consiste à amener la personne à développer sa propre solution au problème (autre que le suicide) par le dialogue. Elle a pour objectif principal de réduire la présence de comportements autodestructeurs par la mise en place de stratégies de résolution de problèmes et en amenant la personne à accepter son environnement.

Organismes

Association québécoise de prévention du suicide https://www.aqps.info/

  • appelez au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Une ressource de votre région est là pour vous aider, en toute confidentialité 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Appelez!

Vous pouvez obtenir de l’aide auprès de votre centre local de prévention du suicide. Pour en trouver les coordonnées, consultez la liste des centres de prévention du suicide. Cet hyperlien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre sur le site de l’Association québécoise de prévention du suicide.

  • Info-Santé 811
  • Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS)
  • Centres de crise
  • Association des centres d’écoute téléphonique du Québec
  • Tel-jeunes (1 800 263-2266)
  • Ligne Parents (1 800 361-5085)

Références

10 affirmations à démystifier à propos du suicide.

Les signes précurseurs Comment les détecter?

Les psychothérapies.

http://www.criseapplication.uqam.ca/theme5.asp?partie=partie1

Comprendre le suicide.

https://www.aqps.info/comprendre/

Évaluer le potentiel suicidaire et gérer la crise suicidaire.

http://www.criseapplication.uqam.ca/theme4.asp?partie=plan

Traitement des personnes suicidaires.

http://www.criseapplication.uqam.ca/theme5.asp?partie=plan

Deuil.

http://www.canalvie.com/sante-beaute/bien-etre/articles-bien-etre/etapes-deuil-1.959991

Prévenir le suicide, gouvernement Québec.

https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-mentale/prevenir-le-suicide/

Centres de prévention du suicide

https://www.cpsquebec.ca/

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